
Avertissement préliminaire. Le Dien Chan est une approche réflexologique complémentaire. Rien dans cet article ne constitue un avis médical ni une invitation à modifier, réduire ou interrompre un traitement neurologique en cours. Nous ne sommes pas médecins. Nos interventions viennent soutenir, pas remplacer, le suivi hospitalier.
La sclérose latérale amyotrophique (SLA), connue en France sous le nom de maladie de Charcot, est une affection neurodégénérative qui détruit progressivement les deux niveaux du système nerveux moteur. Ce qui la rend à la fois fascinante et tragique sur le plan clinique, c'est cette dissociation saisissante: le cerveau reste généralement lucide et pleinement conscient, tandis que le corps se fige, segment après segment, sans que l'esprit ne puisse rien y faire.
Concrètement, deux populations de motoneurones sont touchées. Dans le cortex moteur, la dégénérescence des premiers motoneurones provoque raideur et spasticité (les réflexes s'emballent). Dans la moelle épinière et le tronc cérébral, la mort des seconds motoneurones entraîne la fonte musculaire (amyotrophie) et ces petites contractions spontanées caractéristiques, les fasciculations.
La chaîne musculaire volontaire est donc compromise à la fois dans son centre de commandement et chez son exécutant final.
C'est précisément parce que nous comprenons ce qui se passe que nous pouvons traduire cette pathologie en gestuelle multireflex pertinente.

Avec une telle implication du cerveau, il serait absurde de ne pas commencer par là. Avant de toucher au reste, nous allons réguler l'activité cérébrale à l'aide du Rateau yin nº416.
Le principe est simple: on ratisse le cuir chevelu depuis le front vers la nuque, en couvrant méthodiquement toute la surface. Comptez au minimum une cinquantaine de passages dans cet axe frontal, auxquels vous ajouterez une trentaine de passages supplémentaires depuis chaque tempe vers la nuque. Ce n'est pas le moment d'aller vite. La précision du trajet et la régularité du geste comptent plus que la rapidité.
Nous reviendrons sur la prise en charge cérébrale lors de l'étape de consolidation, avec des points·bqc ciblés sur les paires de nerfs crâniens impliquées. Patience!
Cette étape se déroule en deux temps. Elle est essentielle, car elle conditionne directement la réceptivité de l'étape faciale qui suit.

La personne est allongée sur le ventre. On utilise la Double boule yang nº410 pour remonter en roulant yang le long du dos, depuis la zone lombaire vers la nuque. Le geste est ascendant, lent, régulier. Comptez au moins dix minutes de massage continu (le poids de l'outil suffit, pas besoin d'appuyer). Ce travail dynamise la microcirculation sanguine autour de la colonne vertébrale et réveille les fibres musculaires adjacentes. Sur les membres présentant une atrophie ou une faiblesse marquée, appliquez le même outil.
Un petit rappel de médecine traditionnelle chinoise, parce que nous allons l'utiliser:

C'est avec le Grand-marteau nº430 (côté picots de gomme) que nous allons marteler délicatement le long de chacun de ces trajets. Le méridien de Rate et celui de Rein courent sur la face interne des jambes: on remonte donc depuis le bord interne du pied jusqu'en haut de la cuisse. Si la souffrance se concentre dans les cuisses, on stimule également le méridien d'Estomac sur le dessus des cuisses.
Et parce que le dos est massivement impliqué dans cette pathologie, on parcourt aussi le méridien de Vessie en martelant depuis les mollets vers les fesses.
Après ce travail corporel qui a boosté l'énergie vitale et ouvert les canaux, on passe au visage. On répète l'intention des étapes précédentes, mais avec des outils adaptés à l'échelle du soin facial.
La colonne vertébrale se reflète sur l'arête du nez. C'est donc là que l'on commence, en stimulant la zone réflexe du dos selon le schéma de M. Yang, avec le Ridoki nº206 (petite boule de picos en corne) ou la Double miniboule yang nº307. On complète avec les zones réflexes des membres les plus affectés, puis on travaille le long de l'oreille selon le schéma de réflexion dit "Rodin".


On prend ensuite en charge les zones réflexes des organes internes que nous avons travaillés en étape 2: Rate, Foie, Estomac, Vessie. Une trentaine de va-et-vient par zone sont amplement suffisants.
C'est ici que le soin prend toute sa profondeur. Les étapes précédentes ne sont pas des préliminaires: elles sont la condition qui permet aux points·bqc de répondre avec une précision et une intensité incomparablement supérieures à ce qu'on obtiendrait en commençant par là.
Dans la maladie de Charcot, les nerfs crâniens impliqués sont précis et connus. Il est utile de les avoir en tête:
| Paire | Nerf | Manifestation clinique |
|---|---|---|
| V | Trijumeau (branche motrice) | Faiblesse des mâchoires |
| VII | Facial (branche motrice) | Dysarthrie, visage figé |
| IX | Glossopharyngien | Fausses routes |
| X | Vague (pneumogastrique) | Voix pâteuse, dysphagie |
| XI | Spinal | Tête tombante, épaules |
| XII | Hypoglosse | Langue atrophique, troubles de l'articulation |

On notera que les nerfs III, IV et VI (qui gèrent les mouvements oculaires) sont pratiquement jamais touchés, ce qui permet au patient de communiquer par le regard jusqu'aux stades les plus avancés. C'est une information cliniquement et humainement importante.
Pour travailler ces nerfs crâniens, on utilise le schéma de réflexion du cerveau sur le visage: une carte précise qui nécessite une formation sérieuse pour être lue et utilisée correctement. C'est précisément ce que nos élèves apprennent à maîtriser dans le module DienChan❜pro, en particulier le maniement du Détecteur nº101 pour localiser les points·bqc avec précision.
Si le consultant ne supporte pas cet outil, ou si vous manquez encore d'assurance, le Petit-marteau nº128 permet de percuter délicatement chaque point·bqc de manière tout aussi efficace.

Testez les points·bqc avec votre outil. Retenez les plus sensibles. Complétez votre formule avec des points appartenant aux organes internes travaillés (Foie, Rate, etc.), et pensez à intégrer le point·bqc 188· pour dynamiser l'irrigation cérébrale.
Pour aller plus loin et adapter précisément le soin à la situation du consultant (membres les plus touchés, symptômes dominants, stade d'évolution), l'application Faceasit est un compagnon de travail particulièrement bien taillé pour ce type de pathologie complexe.
La maladie de Charcot confronte le praticien Dien Chan à l'une de ses missions les plus exigeantes: intervenir là où la médecine conventionnelle, malgré tous ses progrès, ne dispose encore d'aucune solution curative. Ce n'est pas une raison pour renoncer. C'est une raison pour travailler avec encore plus de rigueur, de méthode et d'humilité.
Le plan de soin que nous proposons ici ne guérit pas. Il vise à soutenir la qualité de vie, à ralentir peut-être certaines expressions fonctionnelles et surtout à offrir à la personne un espace de soin où son corps est entendu dans sa totalité. Le praticien Dien Chan ne travaille pas contre la maladie; il travaille pour la personne.
La clé de voûte de cette approche reste ce que l'EiMDC enseigne depuis ses débuts; la personnalisation. Chaque patient de Charcot est unique dans ses compensations, ses résistances et ses ressources.
La formule de points·bqc ne se copie pas, elle se construit à chaque séance, à l'écoute du corps du consultant.
C'est cela, être créateur de soins.
Cet article fait partie de la série de ressources avancées destinées aux praticiens formés à la méthode originelle du Dien Chan telle qu'enseignée par l'EiMDC.
